À retenir
- Les oiseaux marins. Goélands, cormorans, eiders et sternes fréquentent constamment ces bras de mer, et vous en verrez à chaque sortie, quel que soit le mois.
- Les pygargues à queue blanche. La Norvège abrite l’une des plus grandes populations d’Europe, et ces oiseaux chassent le long de cette côte, mais personne ne peut vous en garantir l’observation.
- Les marsouins communs. Ils passent par ici, remontent brièvement à la surface, puis disparaissent. En apercevoir un est un bonus, pas un élément garanti de votre programme.
- Les baleines. La Norvège offre d’excellentes possibilités d’observer les baleines, mais les meilleurs sites se trouvent à des centaines de kilomètres au nord d’ici, à une autre période de l’année.
Commencez par ce qui est garanti
Les montagnes sont garanties. Le fjord est garanti. Tout ce qui a un cœur qui bat ne l’est pas, et toute excursion animalière qui prétend le contraire prépare ses passagers à être déçus par un après-midi pourtant parfaitement réussi.
Cela mérite d’être dit clairement en haut d’une page dont le titre contient le mot safari. Il s’agit d’une sortie en bateau rapide dans un habitat favorable, avec un skipper qui sait où chercher, ce qui augmente considérablement vos chances. Ce n’est pas un aquarium, et les animaux n’ont pas été prévenus de votre arrivée.
Le pygargue à queue blanche
C’est l’animal emblématique de cette sortie, et celui que vous avez réellement le plus de chances d’observer. Le pygargue à queue blanche est le plus grand rapace d’Europe du Nord, avec une envergure pouvant dépasser deux mètres, et la Norvège abrite l’une des populations les plus importantes du continent après le rétablissement de l’espèce, autrefois presque exterminée dans une grande partie de son aire de répartition.
Il chasse exactement dans ce type de paysage côtier : des eaux abritées riches en poissons, des falaises et des crêtes où se percher, et peu de présence humaine. Depuis un bateau, vous verrez généralement l’une de ces deux scènes : un oiseau immobile sur un rocher que vous n’auriez jamais repéré sans aide, ou une très grande silhouette longeant une crête au rythme de battements d’ailes lents et réguliers.
Le skipper les repère bien avant les passagers, ce qui constitue le principal argument en faveur d’une sortie accompagnée plutôt que d’une location de bateau. Savoir sur quel rocher un oiseau a l’habitude de se poser ne s’improvise pas en quatre-vingt-dix minutes.
Falaises et eaux abritées, l'habitat où évoluent les aigles
Les marsouins, et pourquoi vous pourriez ne pas en voir
Les marsouins communs sont fréquents dans les eaux côtières norvégiennes et constituent le mammifère marin que vous avez le plus de chances de rencontrer ici. Ils sont aussi petits, discrets et rapides : un marsouin qui remonte à la surface, c’est un bref dos sombre qui roule et un souffle, pas un bond hors de l’eau.
On les manque souvent parce qu’on ne cherche pas au bon endroit. Si vous imaginez un dauphin bondissant à côté de la proue, vous regarderez droit devant vous sans voir ce qui se passe réellement. Observez la surface de l’eau plutôt que l’horizon, et suivez immédiatement les indications du skipper, car l’occasion ne dure que quelques secondes.
Les oiseaux marins que vous verrez à coup sûr
Les compagnons constants de cette côte sont les espèces les plus communes, et elles méritent que vous leur prêtiez attention. Les goélands marins et les goélands argentés patrouillent dans les bras de mer, les cormorans et les grands cormorans se tiennent sur les rochers, les ailes déployées pour sécher, les eiders se regroupent dans les recoins abrités, et les sternes sillonnent les eaux peu profondes en été avec une précision qui mérite vraiment d’être observée.
Les macareux sont les oiseaux dont tout le monde parle. Ils se reproduisent en très grand nombre sur Runde, une île réputée de la région pour ses oiseaux marins, mais Runde est une destination distincte, accessible par la route et le ferry, et ne fait pas partie d’une sortie de quatre-vingt-dix minutes dans le fjord. Si les macareux sont la raison de votre voyage, allez à Runde.





























Pourquoi il ne faut pas s’attendre à voir des baleines
La Norvège est l’un des meilleurs endroits au monde pour observer les baleines, mais cela ne se passe pas ici. Les véritables excursions d’observation des baleines ont lieu très au nord, autour de Tromso et Skjervoy en hiver, lorsque les harengs attirent les orques et les baleines à bosse dans les fjords, ou au large d’Andenes en été, pour observer les cachalots.
Alesund n’est ni l’un ni l’autre, et quatre-vingt-dix minutes dans un fjord ne constituent en aucun cas une sortie d’observation des baleines. Un animal peut occasionnellement longer cette côte, comme cela arrive sur la plupart des côtes, et c’est toute la réponse honnête que l’on puisse vous donner.
Réservez cette sortie pour le bateau, le fjord et la possibilité d’apercevoir un pygargue. Si une baleine se montre, ce sera l’anecdote de votre année, mais cela ne devrait pas être la raison pour laquelle vous avez réservé.
Quand les chances sont les meilleures
La fin du printemps et le début de l’été sont les périodes les plus animées. Les oiseaux marins se reproduisent et font donc constamment la navette entre les colonies et les zones d’alimentation, les pygargues chassent activement pour nourrir leurs petits, et la lumière qui s’attarde permet encore de profiter du jour lors d’une sortie en soirée.
La fin de l’été et le début de l’automne sont plus calmes pour les oiseaux et souvent plus favorables en mer, ce qui augmente les chances que le bateau s’arrête là où le skipper le souhaite plutôt que là où l’état de l’eau le permet. Les sorties hivernales sont très différentes, avec une luminosité réduite et des conditions difficiles, et la faune n’est pas la raison de choisir cette saison.
Quelle que soit la saison, une mer calme est ce qui aide le plus. Une surface lisse permet de repérer un marsouin de bien plus loin et facilite grandement l’immobilisation du bateau pendant que tout le monde observe.
Ce que vous pouvez faire pour augmenter vos chances
Installez-vous si possible à un endroit d’où vous pouvez voir les deux côtés, gardez les yeux en mouvement plutôt que de les fixer dans une seule direction, et regardez à mi-distance plutôt que vers l’horizon. La plupart des observations ont lieu plus près du bateau que les gens ne l’imaginent.
Rangez votre appareil photo pour le premier regard. La façon la plus courante de manquer un animal consiste à passer ses deux secondes à la surface à essayer de le trouver dans un viseur, et une photo ratée d’un marsouin vaut moins que le plaisir de l’avoir vraiment observé.
Et demandez au skipper. Il observe de toute façon en permanence, il sait sur quelle crête un oiseau se trouvait la semaine dernière, et un bateau de huit personnes qui regardent vraiment autour d’elles repère bien plus de choses qu’un bateau de huit personnes occupées à consulter leur téléphone.