À retenir
- Le bateau accélère brutalement en quittant le port, puis le moteur se fait discret à l'arrivée dans le fjord. Ce contraste constitue l'essentiel de l'expérience.
- Une combinaison de flottaison intégrale est enfilée avant l'embarquement. Avec elle, le froid est vivifiant ; sans elle, la même sortie serait pénible.
- Les embruns arrivent par vagues plutôt que de manière continue. Le visage et les mains sont mouillés, mais la combinaison garde au sec tout ce qui se trouve dessous.
- Le prestataire n'accepte pas les femmes enceintes, les personnes souffrant de problèmes de dos ou ayant une mobilité réduite, ni celles qui sont sujettes au mal de mer. Ces règles sont strictes.
Ce que l'on ressent pendant les deux premières minutes
Le bateau quitte le port à la vitesse habituelle dans le port, lente et étonnamment banale, puis le pilote ouvre les gaz dès qu'il dispose de suffisamment d'espace. C'est l'accélération que tout le monde retient : un semi-rigide se met en vitesse et s'éloigne bien plus rapidement que ne le laisse penser sa taille.
Ensuite, le bruit se transforme en grondement régulier et le bateau ne semble plus rapide comme une voiture peut l'être. Vous êtes assis près de l'eau, qui défile tout près, et la sensation ressemble davantage à un vol à basse altitude qu'à une conduite. Les personnes nerveuses à l'arrivée ne le sont généralement plus lorsque le port a disparu de vue.
La combinaison, et pourquoi elle fait toute la différence
Chaque participant reçoit une combinaison de flottaison intégrale avant l'embarquement, ainsi qu'un gilet de sauvetage et l'équipement de sécurité. C'est une tenue d'une seule pièce qui se resserre aux poignets, aux chevilles et au cou. Elle a deux fonctions : vous garder au chaud et au sec, et vous maintenir à flot en cas de problème.
C'est l'élément qui fait d'une sortie en bateau ouvert en Norvège une excellente idée. Sans elle, une sortie de quatre-vingt-dix minutes à vive allure, par quinze degrés, avec des embruns qui passent par-dessus bord, serait une véritable épreuve d'endurance. Avec elle, le froid reste à l'extérieur d'une barrière protectrice et le vent cesse d'être un problème pour devenir l'intérêt même de la sortie.
Portez vos propres couches chaudes sous la combinaison. Celle-ci est coupe-vent et résistante à l'eau, mais elle n'est pas chauffante : les vêtements que vous enfilez en premier restent donc déterminants pour votre confort. Un bonnet qui ne s'envole pas et des gants sont les deux accessoires que les participants regrettent le plus souvent de ne pas avoir emportés.
Un semi-rigide à sa vitesse de croisière, là où intervient le refroidissement éolien
Le refroidissement éolien, la vraie température ressentie
En août, Alesund affiche une température maximale quotidienne moyenne d'environ vingt degrés. À bord, ce chiffre n'a presque aucune importance. Un bateau lancé à vive allure crée son propre vent, qui s'ajoute à celui qui souffle déjà, et la température ressentie chute rapidement dès que les gaz sont ouverts.
En pratique, une sortie estivale donne l'impression d'une fraîche journée de printemps, tandis qu'une sortie au printemps ou en automne paraît vraiment froide au visage et aux mains. Rien de tout cela n'est désagréable dans la combinaison. En revanche, tout devient pénible si vous arrivez en tee-shirt parce que les prévisions annonçaient vingt degrés.
La règle générale consiste à vous habiller comme si la température sur la rive était nettement plus basse, puis à enfiler la combinaison par-dessus. Personne n'est jamais descendu de ce bateau en regrettant d'avoir trop chaud, et une couche supplémentaire qui se révèle inutile ne prend presque pas de place dans un sac.
À quel point êtes-vous réellement mouillé ?
Moins que vous ne l'imaginez, et cela dépend entièrement de l'état de l'eau. Sur une eau calme, dans un fjord abrité, vous pouvez terminer la sortie presque au sec. Par mer agitée dans les détroits ouverts, les embruns passent par-dessus la proue et traversent le bateau par vagues, et tout le monde en reçoit une bonne giclée au visage.
La combinaison s'occupe du reste. Ce qui est mouillé se trouve à l'extérieur : le visage, les mains et les cheveux. Un appareil photo doit être protégé séparément. Une sangle et une pochette dans laquelle le ranger méritent donc d'être prévus avant l'embarquement, plutôt qu'à quarante nœuds.
1 h 45
Une heure quarante-cinq depuis le quai et retour, la majeure partie du temps à pleine vitesse ou dans le silence au pied d'une paroi montagneuse.
Où s'asseoir
Dans un RIB, on s'assoit à califourchon ou en prenant appui, plutôt que confortablement installé, avec une poignée devant soi. Les mouvements sont plus marqués à la proue et moins sensibles vers le milieu et la poupe. La différence entre les deux extrémités est considérable lorsque le bateau franchit une mer agitée.
Si vous recherchez les sensations, asseyez-vous à l'avant. Si vous préférez admirer le paysage avec moins de chocs, installez-vous plus à l'arrière. Si vous avez le moindre doute concernant votre dos, prenez ce point au sérieux : l'avant d'un RIB rapide provoque des chocs réels et répétés. C'est précisément pour cette raison que le prestataire exclut les personnes souffrant de problèmes de dos.
Le pilote vous indiquera où vous asseoir si vous le lui demandez, et il est tout à fait judicieux de poser la question. Il répartit huit ou dix personnes dans un petit bateau en tenant compte des conditions de l'après-midi, et préfère largement le faire sur le quai plutôt qu'au milieu d'un détroit.
Entendez-vous quelque chose ?
À vive allure, pas grand-chose. Les explications sont données lorsque le bateau est à l'arrêt ou tourne au ralenti. C'est un rythme voulu, et non une lacune : le pilote vous emmène quelque part, coupe le moteur, puis vous parle de ce que vous observez tandis que le bateau reste silencieux.
Ce silence est réellement saisissant. Quatre-vingt-dix secondes après le grondement d'un moteur en marche, dans un fjord bordé de montagnes et avec rien d'autre sur l'eau, la qualité de ce silence est un élément que les participants évoquent plus souvent que la vitesse.
En quoi cette sortie se distingue-t-elle d'une croisière dans un fjord ?
Un grand bateau de croisière sur les fjords est confortable, abrité, lent et éloigné de l'eau. Il dispose d'un café, de sièges, d'un toit et suit un itinéraire fixe. C'est une bonne façon de voir un fjord, mais une mauvaise façon de le ressentir.
Le RIB est l'inverse sur tous les plans. Vous êtes dehors, exposé aux intempéries, au ras de l'eau, à vive allure et suffisamment près de la roche pour que l'échelle des montagnes devienne une réalité physique plutôt qu'un simple paysage. La sortie est aussi beaucoup plus courte, ce qui constitue pour de nombreux visiteurs le facteur décisif plutôt qu'un inconvénient.
Aucune des deux options n'est meilleure. Elles répondent à des envies différentes. Pour choisir honnêtement, demandez-vous simplement laquelle de ces deux descriptions correspond le mieux à votre idée d'un après-midi réussi.
