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Le skipper connaissait parfaitement les eaux et les montagnes, et s'arrêtait chaque fois qu'il y avait quelque chose qui en valait la peine.

Sykkylven
Une heure quarante-cinq du port Art nouveau jusqu'à un fjord sous les Alpes de Sunnmore, à bord d'un bateau capable de faire ce qu'aucun bateau de croisière panoramique ne peut faire.
Un bateau semi-rigide est le seul à être à la fois rapide et peu profond. Il traverse les eaux libres à une vitesse qu'aucun bateau de croisière dans les fjords ne peut maintenir, puis se glisse au pied d'une paroi rocheuse là où une coque plus imposante n'oserait pas s'aventurer.
Avis
Galerie





























Météo
Températures et précipitations mensuelles près d'Alesund. Il pleut tous les mois ; le vent compte davantage.
19 h
À cette latitude, le cœur de l'été offre plus de dix-neuf heures de lumière, si bien qu'une sortie en soirée se fait encore en plein jour.
Pratique
Inclus à bord
Détails de l'excursion
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Avis
Cette sortie rapide en bateau ouvert quitte le front de mer d'Alesund, traverse les bras de mer entre les îles sur lesquelles la ville est bâtie et remonte le Hjorundfjord sous les Alpes de Sunnmore avant de repartir vers le point de départ. Elle dure une heure quarante-cinq d'un bout à l'autre, et ce temps est presque entièrement consacré à naviguer ou à admirer le paysage plutôt qu'à attendre.
Le bateau est un semi-rigide : une coque rigide entourée de flotteurs gonflables sur sa partie supérieure. C'est cette combinaison qui permet à l'excursion de se dérouler ainsi. Le bateau est assez rapide pour atteindre un fjord et revenir dans un créneau court, tout en ayant un faible tirant d'eau et un bord souple qui lui permettent de s'approcher des parois rocheuses, là où un grand navire d'excursion doit rester à bonne distance.
Avant l'embarquement, chacun reçoit une combinaison intégrale de flottaison, un gilet de sauvetage et l'équipement de sécurité. Ce n'est pas une simple formalité. Sur un bateau découvert lancé à pleine vitesse en Norvège, la différence entre une belle sortie et une sortie glaciale tient entièrement à votre tenue ; l'opérateur s'en charge au lieu de vous laisser vous en préoccuper.
La plupart des excursions dans les fjords de Norvège se font à bord de grands navires couverts et confortables, avec un café et une place près de la fenêtre. C'est une excellente façon de découvrir un fjord, mais toujours à distance fixe, sur un itinéraire fixe et à vitesse fixe. Cette excursion prend le contrepied de tout cela.
Vous êtes assis dehors, près de l'eau, exposé aux intempéries. Le moteur est bruyant lorsqu'il fonctionne, puis disparaît complètement du paysage sonore. Le skipper peut décider sur le moment de s'arrêter pour observer quelque chose, de passer sous une cascade ou de virer pour offrir un meilleur angle sur une crête, parce que le bateau en est capable, contrairement à un navire de cent mètres.
L'excursion est aussi courte. Une heure quarante-cinq n'est pas une version réduite d'une croisière à la journée : c'est une expérience différente. Vous ne venez pas pour passer toute une journée sur l'eau, mais pour profiter d'un accès rapide dans un créneau court, exactement ce qu'il faut quand on ne dispose que de quelques heures au port.
À la sortie du port, l'itinéraire traverse les eaux qui entourent Alesund, qui méritent à elles seules les premières minutes : une ville bâtie sur plusieurs îles, avec ses façades Art nouveau tournées vers l'eau, comme lors de sa reconstruction après l'incendie de 1904.
Le bateau met ensuite le cap sur Hjorundfjord, un long bras du Storfjord bordé des deux côtés par les Sunnmore Alps. Les reliefs y sont plus escarpés et plus alpins que dans la plupart des paysages de fjord norvégiens, et les sommets qui dominent l'eau dépassent ici mille cinq cents mètres : une masse montagneuse impressionnante juste au-dessus d'un petit bateau.
Le fjord est paisible. Les navires de croisière ne s'y aventurent pas en grand nombre, les villages du rivage sont petits et, bien souvent, le bateau a l'eau pour lui seul. C'est une grande partie de la raison pour laquelle l'opérateur a choisi ce fjord.
Les montagnes sont la seule constante. Pour tout ce qui est vivant, il faut compter sur la chance, et mieux vaut le savoir avant de partir. Les pygargues à queue blanche chassent le long de cette côte, et la Norvège abrite l'une des plus importantes populations d'Europe : les apercevoir est donc un espoir réaliste, pas une promesse. Lorsqu'ils apparaissent, ils sont impossibles à confondre, avec une envergure qui peut dépasser deux mètres.
Les marsouins communs traversent ces chenaux ; on les aperçoit généralement le temps d'un bref mouvement à la surface, plutôt que lors d'une scène spectaculaire. Les oiseaux de mer sont omniprésents. Cette portion du littoral n'est pas réputée pour les baleines, et tout opérateur qui vous laisserait entendre le contraire pour une sortie de quatre-vingt-dix minutes au départ d'Alesund vous vendrait une promesse impossible à tenir.
Un bateau rapide est davantage un avantage qu'un inconvénient. Il parcourt beaucoup plus de distance dans le même temps qu'un bateau lent, et le skipper scrute l'ensemble du trajet au lieu de suivre un horaire précis. Un oiseau posé sur une crête à deux kilomètres devient donc une cible vers laquelle il peut réellement se diriger.
Le point de départ se trouve sur le front de mer, juste à l'extérieur de la porte d'embarquement des croisières, un emplacement choisi à dessein. Une grande partie des passagers montés à bord de ce bateau ont débarqué d'un navire vingt minutes plus tôt, et l'excursion est conçue pour s'intégrer à une escale plutôt que de prendre toute une journée à terre.
Cela convient aussi aux voyageurs indépendants. Il n'y a ni transfert, ni autocar, ni point de rendez-vous à l'extérieur de la ville : le bateau part du centre d'Alesund, et vous pouvez vous retrouver dans un café du front de mer une heure et trois quarts après votre départ.
Il pleut à Alesund tous les mois de l'année, et les mois les plus humides ne sont pas ceux auxquels les visiteurs s'attendent : octobre et décembre sont bien plus pluvieux que juillet. La pluie n'est donc ni une raison d'annuler ni une raison de s'inquiéter, puisque vous porterez une combinaison de flottaison dans tous les cas.
Le vent est le facteur déterminant. Un bateau découvert sur une étendue d'eau exposée y est particulièrement sensible, et l'excursion peut être écourtée ou annulée s'il se lève. Le skipper prend cette décision en fonction des conditions réelles, et non par excès d'optimisme.
Le froid dépend davantage de la vitesse que de la température. En août, le thermomètre atteint environ vingt degrés sur le rivage, mais la sensation est nettement plus fraîche à quarante nœuds, lorsque les embruns vous arrivent dessus. La combinaison est prévue précisément pour cela, et les personnes qui ont froid sont généralement celles qui se sont habillées en fonction des prévisions à terre.
Cette excursion convient à celles et ceux qui préfèrent ressentir un fjord plutôt que le regarder derrière une vitre, ainsi qu'aux voyageurs qui disposent de quelques heures plutôt que d'une journée entière. Elle plaira aux photographes, puisqu'elle vous place au niveau de l'eau, sans rien entre l'objectif et le sujet. Elle convient aussi aux personnes qui ont déjà fait une grande croisière dans les fjords et l'ont trouvée trop lente.
Elle ne convient pas à tout le monde, et l'opérateur le précise clairement. L'excursion est déconseillée aux femmes enceintes, aux personnes souffrant de problèmes de dos, aux personnes ayant des limitations de mobilité et à celles qui sont sujettes au mal de mer. Un bateau rapide sur une mer agitée transmet chaque vague à la personne assise à bord, et rien ne peut vraiment compenser cela.
Si vous êtes concerné, une croisière classique dans les fjords au départ du même port vous fera découvrir des paysages similaires à un rythme plus doux, et plusieurs départs quotidiens sont proposés depuis des quais situés à quelques minutes à pied de celui-ci.
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